Les Suissitudes de JCS : La moto, remède pour bien des maux



Ce n’est pas remboursé par la Sécurité sociale – pas plus chez nous qu’ailleurs – et on se dit que ce ne serait pas une si mauvaise idée que cela : la pratique de la moto est un remède pour bien des maux. Et la maîtrise totale d’une machine de course, qu’elle soit moderne ou ancienne, un exutoire parfait pour oublier la douleur.

On en veut pour preuve deux événements qui se sont déroulés de manière simultanée, et qui concernent des pilotes suisses (ben oui, Suissitude…) Après le drame du GP de Catalogne, libre choix a été laissé au coéquipier de Luis Salóm, Jesko Raffin, de se rendre ou non à Assen. Si le jeune Helvète, qui avait dominé le CEV il y a deux ans, avait logiquement renoncé à poursuivre son week-end catalan, il n’a pas hésité à prendre la route des Pays-Bas. Mieux, dès les premiers essais, on a vu plus régulièrement que jamais son nom figurer sur la première page des écrans de contrôle, soit dans le top 20 de la catégorie la plus équilibrée du championnat. En course, il ne s’est certes classé «que» dix-huitième, mais il a prouvé en ce dimanche historique que le drame qui le touche si profondément – Salóm n’était pas seulement son équipier, il était comme son frère, les deux hommes passant toute la saison sous le même toit, mais également tout l’hiver à s’entraîner ensemble – l’avait renforcé. Et on ne serait pas étonné si, ces prochaines semaines, celui qui illustre parfaitement le saut qualitatif qui existe entre ce qui est devenu le championnat d’Europe Moto2 et les GP, est énorme.

L’autre exemple a pour personnage central Dominique Aegerter. Par bonheur, il n’est pas ici question de mort, même si «Domi» a passé, la semaine d’Assen, les heures les plus difficiles de sa vie. Le lundi matin qui précède le «Dutch TT», son père Ferdinand «Fere» a été victime d’un malaise soudain et c’est Dominique qui a immédiatement pris la bonne décision. Plutôt que d’attendre l’arrivée d’une ambulance, il a installé «papi» dans sa voiture, direction l’hôpital régional le plus proche de son domicile. Quelques minutes plus tard encore, c’est cette fois dans un véhicule rapide équipé que «Fere» était transféré vers l’hôpital universitaire de la capitale helvétique, à Berne. Verdict: hémorragie cérébrale. Précision des médecins: «Il nous faut au moins trois jours pour savoir de quel côté cela va basculer.» Mort ou vie. Et si vie, comment?

Fere Aegerter a tout fait pour que son fils devienne pilote de course; entre eux deux, c’est plus que de l’amour filial, c’est une liaison fusionnel. Comment allait réagir Dominique? Il a commencé par retarder de 24 heures son voyage pour Assen. Jeudi matin, il était au chevet de son papa: «Il ne peut pas encore parler, mais je sais qu’il veut que je roule.» Samedi, Dominique signait le troisième temps des qualifications: «Juste avant la séance, j’ai pu lui téléphoné. Il m’a juste dit: Vollgas! Gaz à coin.» Le lendemain, après avoir roulé devant en début de course, il s’est battu avec une moto de plus en plus capricieuse: «Cette fois, c’est papa qui m’a appelé. Il va mieux. Mais je n’ai qu’une hâte: rentrer au plus vite à la maison.»

En ce début de semaine, toute la famille était rassemblée à l’hôpital. «Fere» a souri. Dominique l’a embrassé, avant de se diriger vers l’aéroport: hier et ce mercredi, il a participé aux essais préliminaires en vue des Huit Heures de Suzuka, avec le team FCC-Technical Sports. Il a signé le troisième chrono absolu, premier des pilotes Honda. La moto est bien un formidable remède !       

Stay tuned !

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