[Edito] VR46 riders academy : l’opération win win de Valentino Rossi!



Depuis quelques années, avec l’avènement de pilotes tels que Pedrosa, Lorenzo, Marquez, Rins, Viñales et bien d’autres, il était clair que le MotoGP était devenu la chasse gardée des espagnols.

Structurée à la perfection, la fédération espagnole, secondée par la Dorna, coorganisatrice du Championnat d’Espagne, le célèbre CEV, était devenue pourvoyeuse officielle de jeunes talents pour le Championnat du Monde.

Même si ce championnat était ouvert à tous, c’est donc assez logiquement que les espagnols étaient les premiers à bénéficier de ce professionnalisme plus poussé des structures de formation.

Et les résultats étaient époustouflants puisqu’on si on se limite à la décennie en cours, l’Espagne a raflé 5 titres sur 6 en MotoGP, 4 sur 6 en Moto2 et 4 sur 6 en Moto3 !

A ce stade, ce n’est plus de domination qu’il nous faut parler mais bien d’écrasement de la concurrence.

‘La déferlante espagnole et l’écrasement de l’Italie’

Pourtant, chaque modèle a ses propres limites et dans le cas qui nous occupe, la première d’entre elles a probablement été l’effet que cet écrasement outrageux a eu sur la concurrence.

En effet, cette déferlante espagnole a notamment eu pour conséquence la mise sous l’éteignoir de l’Italie qui, jusque-là, avait longtemps occupé ce rôle !

Le CIV devenait moribond et les talents transalpins se raréfiaient au point de parfois priver l’Italie de toute présence sur les podiums.

Jusque-là, les victoires de Valentino Rossi avaient masqué la situation mais son arrivée chez Ducati et, corrélativement, sa disparition des podiums ainsi que la tragique disparition de Marco Simoncelli, montraient à quel point l’ancien pays fort se retrouvait désormais sans substance.

Certes, il y avait bien le Team Italia FMI, éleveur de Champions (c’est comme cela qu’ils se définissent) et trentenaire en 2015 pour aider les jeunes italiens mais ses résultats restaient malgré tout fort discrets.

Le progrès devait venir d’ailleurs, avoir plus d’envergure, plus de moyens et c’est alors qu’est entré en scène Valentino Rossi.

‘La Desmo blessure et l’Uppercut Marquez !’

En 2011 et 2012, après les années bonheur chez Yamaha, Valentino Rossi change de crèmerie et va se casser les dents sur la Desmosedici de chez Ducati, celle-là même avec laquelle, en 2010, Casey Stoner remportait trois victoires et montait à 6 autres reprises sur le podium !

La manière d’aller vite avec une moto était en train de changer et Valentino Rossi le savait parfaitement bien. Pour preuve, durant ces deux années passées chez Ducati et peut-être encore plus la suivante, celle de son retour chez Yamaha et de l’Uppercut adressé par Marquez à tout le peloton dès les tests d’avant saison lorsqu’il les ridiculisait sur le tracé d’Austin, Rossi n’avait plus que ça à la bouche : « changer de style de pilotage » !

Valentino Rossi voulait gagner, laver les blessures et l’affront de deux saisons sans victoire et il avait un plan en tête, l’opération win-win !

‘Montrez-moi comment vous allez vite, je vous montrerai comment devenir grands’

La technique, en sport en général et en moto en particulier, ce n’est pas seulement l’affaire d’un homme plus fort que les autres qui, à un moment donné, vient écraser l’ensemble de la concurrence.

Non, la technique, c’est le résultat d’un enseignement lent qui s’enrichit au fur et à mesure des expériences du passé.

Un montre la nouvelle voie, les autres l’imitent et puis, lorsque vous regardez des images des courses d’il y a 20 ans, vous souriez en vous disant « les mecs ! Comment ils roulaient à l’époque ! ».

Pourtant, cette réflexion n’a aucun sens puisqu’à cette époque, les Champions étaient à la pointe de la technique de l’époque.

Graham ne roulait pas comme Surtees qui lui-même ne roulait pas comme Agostini, qui lui-même ne roulait pas comme Doohan, qui lui-même ne roulait pas comme Valentino Rossi, qui lui-même ne roulait ni comme Stoner ni comme Marquez.

Chaque génération apporte sa pierre à l’édifice et fait évoluer « le patrimoine mondial » de la technique.

En revanche, aujourd’hui et c’est là que je veux en venir, lorsqu’un jeune monte sur une bécane avec l’envie de devenir pilote de course, c’est évident qu’on ne lui enseigne plus la technique de 1949, on lui enseigne la plus récente, celle qui marche, celle avec laquelle on va vite, celle qu’il voit à la télévision.

Cette technique qui marche, c’est le point de départ que chaque jeune doué va tenter d’améliorer parce que pour un tout jeune, Marquez, Rossi, Lorenzo…ce sont les vieux lions qu’eux, jeunes lionceaux, regardent du coin de l’œil, avec respect et admiration mais également avec, dans le coin de la tête, la vague envie d’un jour en venir à bout.

C’est de cette manière que la technique évolue lentement mais sûrement, de génération en génération…

Et c’est là que Valentino Rossi a une idée géniale ! L’Italie n’a plus les moyens de former des jeunes, lui les a !

Et c’est comme ça qu’en mars 2014, après l’échec de SpeedMaster où, sous le nom d’Uccio, Rossi était intervenu pour permettre à Andrea Iannone de se développer, il lance la VR46 Riders Academy.

Rossi doit faire évoluer son pilotage, l’Italie a besoin d’un développeur, d’un incubateur de talent, l’affaire est faite.

Dès l’ouverture, la VR46 Academy va s’occuper de faire grandir les six jeunes que sont Franco Morbidelli, Luca Marini, Andrea Migno, Nicolò Bulega, Romano Fenati et Francesco Bagnaia. A ces talents s’ajouteront aussi Lorenzo Baldassarri et, une fois parti de chez Gresini, Niccolo Antonelli.

‘Des résultats à la hauteur de l’investissement’

Les jeunes loups fraichement débarqués à l’académie avaient besoin de grandir et pour ça, Rossi ne lésine pas sur les moyens : entraînements sur et en dehors de la piste, team Moto3 à la pointe du professionnalisme en collaboration avec KTM, accord et contrat avec Aspar pour le CEV, accord et contrat avec Aspar pour Bagniaia, accord et contrats pour Marini et Baldassarri chez Forward, volonté de monter une équipe Moto2 pour assurer la continuité du travail et rumeurs donnant la volonté d’aligner une écurie en MotoGP !

En retour, Valentino roule avec ses jeunes, ses jeunes qui n’ont pas froid aux yeux, ses jeunes qui, par leur talent et leur grain de folie travaillent sur la technique actuelle pour la faire progresser, ses jeunes qui, par ce même talent ne peuvent certainement pas le battre mais qui, en revanche, sont capables de lui montrer comme on va vite de nos jours.

Les jeunes travaillent, Rossi travaille et à Assen, pour le premier Grand Prix de l’histoire du circuit batave se déroulant un dimanche, Francesco Bagnaia dit Pecco, levait les mains pour la première fois au guidon d’une machine d’un constructeur, qui, pour la première fois de son histoire, inscrivait en grand son nom sur les tablettes du Championnat du Monde.

Derrière Pecco, 4 de ses six poursuivants arboraient fièrement le logo de la VR46 Riders Academy sur leur combinaison !

Dimanche encore, Valentino Rossi, chutait pour la seconde fois mais pourtant, la semaine suivante, à Misano lors de la World Ducati Week, son ex meilleur ennemi, Casey Stoner, déclarait : « Valentino Rossi n’est pas trop vieux pour remporter le Championnat du Monde MotoGP. Il y a des gens qui gagnent des marathons à 40 ans. Rossi est dans une bonne équipe, c’est un champion. La fin de la saison est encore tellement loin, attendons de voir ce qu’il va arriver. Je suis sûr que Valentino Rossi va remporter son 10ème titre mondial ».      

Roulez jeunesse car la jeunesse pourrait être devenue éternelle !

Stay tuned !

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