[CQFD] Tech3, une étape parfaite pour la carrière MotoGP de Johann Zarco



La signature de Johann Zarco chez Tech3, certains l’accueillent non sans une pointe d’amertume, de déception. La venue du français dans le box d’Hervé Poncharal pour son entrée en MotoGP est pourtant une très bonne chose, un deal qui peut même lui ouvrir les portes du triomphe suprême. CQFD*.


L’information, officielle depuis le 14 juillet dernier, est de celles qui ont suscité le plus de débats sur la toile de la Vitesse Moto. Après des mois d’interrogations et des semaines de pourparlers, Johann Zarco a confirmé qu’il sera en catégorie reine l’an prochain. Champion du Monde Moto2 en titre & en route pour doubler la mise, il rejoindra l’écurie Monster Yamaha Tech3 en 2017 avec une option pour 2018.

Si ce fut un véritable soulagement dans le clan Zarco, qui craignait que son héros soit finalement privé de guidon MotoGP, plusieurs de ses supporters ne sont pas entièrement satisfaits par cette signature. Selon eux, le natif de Cannes « méritait mieux », « est injustement récompensé » ou encore « hérite d’un pauvre guidon de seconde zone ». Il y a pourtant de quoi voir dans cette nouvelle aventure quelque chose d’extrêmement positif. L’association Zarco-Tech3 a toutes les raisons de faire des heureux, et toutes les chances de réussir à écrire les plus belles lignes de leurs histoires respectives.

 

Pas une équipe officielle ? Certes

Bien sûr, la cerise sur le gâteau aurait été que Johann obtienne immédiatement une moto officielle et il le méritait. Mais soyons réalistes : excepté Marc Marquez, quel rookie MotoGP en a reçu une dès sa première année ? Aucun sauf l’espagnol, si l’on regarde la liste de tous les champions Moto2 depuis la création de la catégorie en 2010.

Après son titre Toni Elias débarquait chez Honda LCR, imité l’année suivante par l’allemand Stefan Bradl. Sacré en 2013, Pol Espargaro a ensuite rejoint Yamaha Tech3, tandis que le champion 2014 Esteve Rabat a stagné en Moto2 faute de trouver une place satisfaisante. Il est même finalement resté sous la houlette de Marc VDS lors de son passage en MotoGP, héritant de la Honda Estrella Galicia. Au regard du passé et des résultats de ces équipes, Johann n’est donc si mal loti. 

Un temps été annoncé chez Suzuki Ecstar, il n’a pu concrétiser le transfert au profit d’Alex Rins, qu’il devance pourtant en Moto2. Faut-il pour en être déçu ? Si la GSX-RR est une moto officielle, ses performances ne sont pas nettement supérieures à celles des autres machines. Il suffit de regarder le classement de la saison 2015 pour constater que les pilotes Tech3 ont fait bien mieux que ceux de la firme d’Hamamatsu : places 6 & 9 pour le duo Bradley Smith-Pol Espargaro contre 11 & 12 pour la paire Aleix Espargaro-Maverick Viñales.

Cette année les choses sont différentes mais ce n’est ni flagrant, ni alarmant. P. Espargaro est 6ème à seulement 11 points de Viñales, tandis qu’A.Espargaro ne figure pas dans le top-10. Et si Smith pointe plus loin (16ème), beaucoup attribuent cela au manque de motivation d’un homme qui aurait déjà la tête tournée vers KTM et 2017. La Suzuki a peut-être des avantages par rapport à la M1, mais un bon pilote est tout à fait capable d’être aussi rapide sur la Tech3.

 

Une équipe privée, oui, mais pas n’importe laquelle

Tech3 n’est pas une écurie comme une autre. Présente depuis 2001, elle fait partie des plus anciennes équipes MotoGP encore en piste. Son simple maintien a un tel niveau prouve sa valeur. La structure a plus de 27 années d’expérience en Championnat du Monde puisqu’elle y est depuis 1990 et son arrivée en 250cc. Hervé Poncharal et Guy Coulon, 2 de ses fondateurs, en sont toujours les pièces maîtresses. Bien qu’indépendante, elle reçoit un soutien non-négligeable de la part de Yamaha et la communication avec les officiels Movistar est notable. Aussi professionnelle que prestigieuse, elle représente une étape idéale pour qui souhaite apprendre, progresser et enregistrer de bons résultats. Et pourquoi pas des podiums ?

Tech3 l’a déjà fait avec S. Nakano, A. Barros, M. Melandri, C. Edwards, B. Spies, C. Crutchlow, B. Smith et A. Dovizioso. Le même Dovizioso qui, en 2012, finissait 14 des 18 courses du calendrier dans le top-5 (!). En 8 ans de MotoGP l’italien n’a fait mieux qu’UNE seule fois avec Repsol (228 points, contre 218). Ce n’est peut-être plus la même époque, mais il n’est jamais arrivé à dépasser ce total avec Ducati. L’an dernier Smith a terminé TOUS les Grands Prix dans le top-10 et il est le seul à l’avoir fait avec Valentino Rossi. Quand un pilote Tech3 a du talent, il brille.

Ces dernières années, les protégés d’H. Poncharal sont constamment les meilleurs au classement des privés. Ce fut le cas pour Edwards (2009), son compatriote Spies (2010), l’italien Dovizioso (2012), les britanniques Crutchlow (2013) & Smith (2015) ainsi qu’Espargaro (2014), qui est actuellement le n°1 des indépendants de 2016 avec sa 6ème place au général.

De plus, Johann arrive dans une équipe française et cela va lui faciliter la tâche et le galvaniser. Son attitude professionnelle et méticuleuse ne peut que fonctionner avec Guy Coulon, sans parler de son style de pilotage qui peut parfaitement convenir à l’YZR-M1. Ne pas être dans une équipe officielle lui retire par ailleurs énormément de pression, ce qui n’est pas anodin lorsque l’on est rookie et qu’il faut apprendre sans brûler les étapes.

 

L’avenir est devant

Signer dans un team privé ne lui ferme en aucun cas la porte des grandes usines pour le futur. S’il parvient à tirer son épingle du jeu, il quittera Tech3 fin 2018 pour (pourquoi pas ?) Movistar, Repsol ou autre. Il aura alors 28 ans et l’avenir devant lui. Valentino Rossi a 37 printemps et gagne encore, A. Dovizioso en compte 30, D. Pedrosa également et ce sera le cas de J. Lorenzo en 2017. Même passé la trentaine, un pilote talentueux et travailleur qui ne ménage pas sa peine à l’entraînement a toutes les armes pour briguer un titre de Champion du Monde MotoGP.

Et pour ceux qui se désèspèrent de voir que Rins lui ait été préféré chez Suzuki, soyez sûrs d’une chose : notre tricolore va tout faire pour terminer devant et prouver à l’équipe Ecstar qu’ils se sont trompés. Cette situation est finalement un plus pour lui, une source de motivation supplémentaire, comme ce fut le cas en 2012. 

Il faisait alors son entrée en Moto2, après une année 2011 où Nicolas Terol lui avait ravi le titre 125cc. Une injutice pour le français, dont la moto était moins performante et qui s’était fait voler en Catalogne et au Sachsenring. Rencontré à Alès, je glissais à Johann : « Prends ta revanche en Moto2, mets-le derrière ». Il m’avait souri. En fin de saison, Zarco était 10ème et Terol 17ème à 58 points. Aujourd’hui l’un est Champion du Monde Moto2, l’autre 12ème en Supersport. L’Histoire ne demande qu’à se répéter. Vivement la saison 2017.

 

* CQFD : Ce Qu’il Fallait Démontrer 

Stay tuned !

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