Les Suissitudes de JCS #11 : Songe d'une nuit d'été



J’ai dû m’endormir sous mon arbre. Je n’entendais plus les oiseaux, ni le cri de mon copain le faucon, qui fait ses ronds en-dessus de la maison. Soudainement, j’étais ailleurs. Dans les montagnes de Styrie. Il n’y avait plus d’oiseaux, mais des chevaux par milliers…

Le grand Valentino Rossi était là, songeur. Jorge Lorenzo avait le masque, rageur. Les Ducati dominaient et parmi leurs pilotes, je revoyais Casey Stoner, impressionnant, juste avant de tomber en toute fin de séance. Mais quelque chose n’était pas normal, cela ne pouvait pas être un GP, puisque parmi les acteurs, un numéro 12 collé sur le carénage, il y avait un pilote qui n’avait rien à faire là, lui qui n’est bon, dit-on, qu’à accumuler les saisons «pas mal du tout» en Moto2. Question de profil…

Son cuir était différent, tout de noir et de blanc. Mais c’était bien lui, sur cette moto orange, bien lui qui attaquait maintenant ce virage à droite en descente devant Cal Crutchlow. J’ai sursauté : « Papa, c’est l’heure, tu dois aller regarder les temps des derniers essais de ton copain Tom Lüthi en Autriche ! ». Sacrée assistante, qui réveille son vieux père pour l’envoyer au turbin…

 

J’ai regardé et j’ai noté ces temps, qui disaient que la KTM est une moto bien née. Que Tom, pour la deuxième fois de sa carrière qu’il montait sur une MotoGP s’en est très bien sorti : au contact des habitués de la catégorie reine et toujours calme, à rappeler : « Bien sûr qu’il est intéressant de comparer ses temps avec les autres. Mais il y a beaucoup plus important : nous avions des choses différentes à tester, c’est pour cela que je suis ici. Et j’ai eu la grande satisfaction de constater que nous progressions à chacune de nos sorties. » 

Puis, parce que le soleil était encore haut, qu’il faisait encore chaud, je me suis recouché sous mon arbre. Non sans avoir donné quelques ordres précis à mon assistante de fille: « On me fiche la paix pendant deux heures ! Si on appelle, dis que je suis en réunion… »

 

Les oiseaux étaient de retour. Mon copain le faucon est venu faire sa petite parade. Une légère brise soufflait, je me suis senti devenir léger – ce qui est une performance! – et Morphée, une fois encore, m’a accueilli entre ses bras. Combien de temps ? Je ne le sais pas, je ne le sais plus. Toujours est-il que, comme quelques heures plus tôt, il y a eu à nouveau des bruits de moteurs, de plus en plus forts, de plus en plus rauques, de plus en plus proches. Il faisait nuit.

Sur la grande affiche du GP du Qatar, il y avait une date: 2017. Et voilà qu’une moto orange, portant le numéro 12, passait devant moi à grande vitesse, plus stable que toutes les autres motos de la catégorie aux mains de ce pilote qui est un styliste reconnu. C’était bien lui, sur la nouvelle KTM Moto2; c’était lui, maintenant, qui débriefait sa séance qualificative – pole position à la clef – avec Aki Ajo. C’était lui, engagé à l’automne précédent par le constructeur autrichien avec un contrat de deux ans: faire de la KTM-WP la nouvelle valeur référence de la classe intermédiaire, tout en étant pilote de réserve dans le team MotoGP. Je rêvais.

Pssstttttt…. Ma fille m’a encore réveillé. Mais c’était, cette fois, pour la bonne cause : elle venait d’ouvrir une bouteille fraîche de jus de houblon. Mon songe d’une nuit d’été pouvait se poursuivre.

 

Stay tuned !

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *