[L'Interro] Pourquoi Casey Stoner refuse le GP d'Autriche ?



À la grande déception de ses supporters et du clan Ducati, Casey Stoner ne participera pas au prochain Grand Prix d’Autriche. L’australien, pourtant 3ème des tests réalisés en juillet, a décliné l’opportunité qui s’offrait à lui. Pourquoi ?

Beaucoup rêvent du grand retour de Casey Stoner en MotoGP. Double-champion du monde, il quittait la compétition fin 2012 en pleine gloire et sur un ultime podium à Valencia, le 89ème de sa carrière. Deux semaines plus tôt, l’australien triomphait pour la dernière fois à domicile devant le public de Phillip Island. Deux ans auparavant, il offrait à Ducati le dernier (à ce jour) succès de son Histoire sur la même piste.

Le 14 août prochain, il aurait pu être sur la grille de départ du Red Bull Ring. En connaissant le talent du garçon et au vu de la vitesse dont il a récemment fait preuve, une performance était plus qu’envisageable. L’Histoire aurait été belle si, pour son come-back, Stoner avait mis fin à près de 6 ans de disette pour les Rouges en parvenant à faire ce que personne, pas même Valentino Rossi, n’a été en mesure d’accomplir depuis octobre 2010.

En 2015, alors chez Honda, il se proposait de remplacer Dani Pedrosa lorsque l’espagnol était opéré du syndrome des loges. Le HRC avait refusé et préféré Hiroshi Aoyama, prétextant que la machine n’était pas spécialement préparée pour lui et qu’il n’avait jamais roulé à Austin ni Termas de Rio Hondo. Caseu avait donc dit oui mais « c’était une situation complètement différente (de toutes les autres fois où un wild-card lui a été proposé.ndrl). Je connaissais la moto et Dani était mon ami ». Ces propos, il les a tenu en mars quand il n’a pas voulu prendre la place de Danilo Petrucci. Mais aujourd’hui aussi, la situation est à nouveau « complètement différente ».

Beaucoup pensaient voir le n°27 en piste à Spielberg au mois d’août, même l’ambitieux Petrucci qui déclarait que Stoner participait aux essais « pour voir s’il est compétitif, parce qu’il veut rouler en Autriche ». Compétitif, l’homme de Southport l’a été mais cela n’a pas suffi pour le faire changer d’avis. Qu’est-ce qui, aujourd’hui, l’empêche de retrouver la grille MotoGP ?

 

Ne pas faire les choses à moitié

La rumeur voulant que CS27 sorte de sa retraite pour un pige n’est pas neuve, elle fait le tour des paddocks chaque année. Et chaque année, le principal intéressé sort de son silence pour démentir. Du manque d’envie à celui de préparation, ses raisons sont multiples. Personne n’est dans sa tête et ne peut véritablement savoir de quoi il en retourne, mais ses refus — même si nous aimerions le revoir en piste — sont compréhensibles.

De la même manière qu’il ne parle jamais pour ne rien dire, Casey Stoner ne fait pas les choses à moitié. En 2009, alors qu’il était en situation de faiblesse physique (intolérance au lactose), il préférait manquer 3 Grands Prix afin de revenir à 100% quitte à perdre le titre, plutôt que de faire des 4 ou 5èmes places. Cela en dit long sur la mentalité du personnage qui, s’il roule, doit être en mesure de le faire à son meilleur niveau quel qu’en soit le prix.

Pour disputer une course MotoGP il faut être prêt, et le pilote Ducati le sait mieux que personne. Il ne fera rien « à l’arrache » : le jour où il reviendra, c’est qu’il se saura capable d’être devant. Il a reconnu avoir souffert physiquement lors des tests effectués fin juin à Misano. Trois semaines plus tard, sa forme était meilleure à Spielberg où il a même réalisé le 3ème meilleur temps absolu du Red Bull Ring.

Derrière cette incroyable performance se cache un détail que l’on ne peut ignorer : la majorité de ses runs de n’a pas dépassé 5 tours, alors que la course devrait en compter 30. Être parmi les plus rapides pendant 10 minutes est une performance exceptionnelle, mais ce n’est pas ce qu’il souhaite : lui veut pouvoir le faire pendant les 40 minutes du GP.

Imaginons que Casey s’aligne en Autriche, mène les premiers tours puis s’écroule pour finir 12ème : il restera à jamais celui dont on a tant attendu le retour mais qui n’a finalement pas su concrétiser. Ce scénario n’est pas pour lui. S’il doit revenir, son come-back devra ressembler à celui de Troy Bayliss un certain 29 octobre 2006 à Valencia. Il a eu l’assurance de sa vélocité sur un tour ; laissons-lui le temps de s’entraîner afin de pouvoir retrouver la pleine confiance, être en mesure de tenir la dragée haute à ses anciens adversaires pour un week-end complet.

 

Le frein de la dangerosité

Parmi les raisons de son arrêt, il y a les risques. L’homme est marié, a une fille et mène une paisible vie de famille. Craint-il de se blesser gravement en revenant en MotoGP ? Certainement. Il y a quelques semaines il n’a pas hésité à fustiger la sécurité du Championnat du Monde, et notamment celle du complexe du Red Bull Ring. Le sujet l’inquiète, il ne s’en est jamais caché.

Ses dernières expériences ne l’ont pas rassuré puisqu’il s’est fracturé l’omoplate et le tibia lors des 8 Heures de Suzuka 2015, avant de terminer son dernier test en Autriche par… une chute. En outre, il ne faut pas oublier qu’il n’a pas été épargné par la douleur dans sa carrière : il compte à son actif 12 forfaits, 32 abandons et de nombreuses blessures. « Quand les pilotes sont sur la grille je vois le stress et la pression sur leurs visages, alors je préfère ma situation » déclarait-il en juillet. 

Si tel est le cas, Stoner ne peut en effet pas prendre un départ tant qu’il n’a pas chassé ces pensées de sa tête. Ce n’est un secret pour personne, un pilote qui va vite est un pilote qui roule l’esprit libéré ; à l’inverse, la chute est inévitable lorsque l’on y pense et l’australien ne l’ignore pas.

 

Quant à l’envie, qu’en est-il vraiment ? Le principal intéressé avance que son rôle de pilote d’essai lui convient à merveille. Nous ne pouvons que le répéter, personne n’est dans sa tête et lui seul est maître de son destin. Il n’empêche, d’aucuns pensent que le tant attendu wild-card se rapproche, (très) lentement mais il se rapproche. 

Peut-être Stoner a-t-il tout simplement besoin de temps. Ce temps qui lui permettra de s’entraîner, se préparer… et pourquoi un jour — parions un billet là-dessus — retrouver le manque, la tentation, le besoin d’enfourcher sa Desmosedici. Prendre part à un Grand Prix, au moins un, pour parachever cette légende romanesque et inachevée d’un homme que beaucoup considèrent comme l’un des plus rapides de tous les temps. Tout ce que ses fans demandent est qu’il revienne le prouver, une dernière fois.

 

Stay tuned !

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