Les Suissitudes de JCS #13 : L’endurance n’est pas une maladie honteuse



Il en est ainsi sur quatre roues, comme sur deux: l’endurance retrouve un souffle qui lui va bien. Et les pilotes de GP dont la carrière fait long feu feraient bien d’y réfléchir un peu plus.

Une voiture dominatrice qui s’arrête quelques mètres avant la ligne d’arrivée, dont le moteur d’appoint a encore quelques soubresauts avant de se taire définitivement: ce fut non seulement l’image de l’année aux 24 Heures du Mans automobiles, mais peut-être bien celle de ce début de siècle, période qui a revu l’endurance retrouver une grande partie de son lustre d’antan. Et attirer de plus en plus de pilotes jeunes, extrêmement rapides, mais dont la carrière en Formule 1 s’était arrêtée pour des raisons différentes que le niveau de leur talent. Car chez nos (de plus en plus lointains) cousins, il est autant question de «profil» que chez nous. Et beaucoup plus encore d’argent. Bref…

L’endurance motocycliste vit le début de la même période: la F.I.M. a compris l’intérêt de cette discipline et l’on est toujours persuadé que le futur du sport motocycliste de vitesse devrait être construit ainsi: un championnat du monde (MotoGP) pour les vrais prototypes, où tous les constructeurs importants seraient présents; et un seul second championnat «mondial» (exit le SBK, dont les motos n’ont plus grand-chose à voir avec la série), qui se joueraient avec des machines stock, mais sur de longues distances. L’endurance!

Au moment de faire son choix pour l’acquisition d’une «grosse» (je parle bien de moto), le client potentiel aurait ainsi un banc d’essais unique sur lequel il pourrait se reposer: «Moi, j’achète la machine 100% stock qui n’a pas connu le moindre souci durant 24 heures…»

Pour donner de la visibilité à un tel projet, il faut des pilotes de premier plan. On vient de le prouver à Suzuka, avec la présence dans l’équipage vainqueur de deux animateurs habituels de très haut niveau, Pol Espargaró en MotoGP et Alex Lowes, en SBK. S’ils ne sont que des pigistes de luxe – comme l’étaient Nicky Hayden, Michael Van Der Mark, PJ Jacobsen et Dominique Aegerter -, ils sont les preuves vivantes que des sprinters nés peuvent briller sur de longues distances.

A la veille du GP d’Allemagne où il allait obtenir son meilleur résultat personnel – une treizième place -, j’ai longtemps parlé du sujet avec le troisième pilote de la «dream team» suisse… qui pourrait d’ailleurs très bientôt changer d’allure, Robin Mulhauser. Conscient qu’il n’y aura certainement plus de miracles, que le système ne lui donnera pas une quatrième chance en Moto2, j’ai demandé au jeune Fribourgeois s’il avait déjà réfléchi à ce qu’il allait faire en 2017? «J’ai quelques propositions, en supersport, voire en STK 1000», a-t-il répondu. Immédiatement, je l’ai lancé sur l’endurance: «Tu sais Robin, si tu aimes vraiment la moto, intéresse-toi à cette discipline. Avec le niveau de pilotage qui est le tien, tu peux rapidement t’y faire un nom puis, dans la foulée, être payé pour piloter et non plus devoir apporter des budgets importants pour le faire. Et tu rouleras beaucoup.»

Il a promis de réfléchir à une idée que lui avait soufflée bien avant moi son pote Michael Savary, vainqueur il y a trois ans de la Coupe du monde STK d’endurance, et qui roule depuis cette année pour le Team Bolliger. Que faut-il encore pour le convaincre? Jusque qu’il comprenne que l’endurance n’est pas une maladie honteuse pour pilotes en fin de parcours, mais bien «la» discipline qui offre les plus grands espoirs de développement ces prochaines années.

Stay tuned!

Rejoignez-nous sur Facebook

Partager cet articleShare on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Share on LinkedIn
Linkedin
Email this to someone
email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *