Viñales-Suzuki, ou l'Histoire en marche



La GSX-RR triomphe déjà, ou « enfin » diront certains. Un an et demi aura suffi à Suzuki, de retour en Championnat du Monde en 2015, pour renouer avec la victoire en catégorie MotoGP lors du GP de Grande-Bretagne 2016 : neuf ans après Chris Vermeulen, Maverick Viñales a remis la firme d’Hamamatsu sur le toit du monde.

Les épreuves disputées en Angleterre ont l’habitude de réserver des surprises, et celles de Silverstone version 2016 n’ont pas dérogé à la règle. À 21 ans, 7 mois et 23 jours, Maverick Viñales est devenu l’un des plus jeunes vainqueurs de l’Histoire du MotoGP en remportant le 12ème Grand Prix de la saison. Un succès acquis en patron pour l’espagnol, qui a bouclé la totalité de ses 19 tours en tête.

Rapide sur le sec dès la journée du vendredi, Viñales confirmait le lendemain en prenant la 3ème place des qualifications sur un bitume humide. En première ligne pour la 4ème fois de sa carrière chez les « grands », le natif de Figueras souhaitait la victoire à tout prix. Véloce, il n’avait rien à perdre et n’a pas laissé passer sa chance. Bon départ, quasi-immédiate prise des commandes, rythme d’enfer (50% de ses tours sous les 2’03) : le récital qu’il a livré n’a presque aucune fausse note. Ce 4 septembre 2016, il était tout simplement au-dessus du lot.

 

L’Histoire en marche

Cette 1ère place est sa toute première en MotoGP, alors qu’il prenait son 30ème départ. Il n’avait plus gagné depuis Sepang 2014, théâtre de son ultime succès en catégorie Moto2 dans l’équipe de Sito Pons. Il devient le 7ème (!) vainqueur de la saison 2016, se retrouve 4ème du classement général et fait de Silverstone la 3ème course consécutive sans une victoire du quatuor Lorenzo-Marquez-Pedrosa-Rossi — du jamais vu depuis Indianapolis 2011.

Mais la victoire de Maverick Viñales à Silverstone est bien plus qu’une réussite individuelle : c’est la consécration d’un pari, d’une équipe, d’une marque. En quittant les paddocks fin 2011, Suzuki savait que ce n’était pas un adieu mais bien un aurevoir. « Reculer pour mieux sauter », telle était la maxime d’un clan bleu ciel dont les résultats n’étaient plus à la hauteur des attentes et des investissements.

Notamment développée par le français Randy de Puniet, la GSX-RR a fait son retour en Championnat du Monde début 2015, remplaçant ainsi la sublime (mais dépassée) GSV-R. La première saison de Suzuki s’est achevée sur un bilan positif en certains points, mitigé sur d’autre : une pole avec Aleix Espargaro, une 5ème place au classement des teams, une 6ème position comme meilleur résultat en course… et de bons espoirs pour la suite au regard des performances pour un retour.

En 2016, le constructeur japonais confirmait sa montée en puissance et Maverick Viñales ne tardait pas à récolter les fruits de tout un travail d’équipe. Au Mans, l’espagnol a offert à Suzuki son premier podium depuis Brno 2008 et l’italien Loris Capirossi. La structure de Davide Brivio a continué à avancer sans brûler aucune étape. Et puis vînt Silverstone…

 

Une consécration et un début

Le triomphe de Viñales a de quoi surprendre tant il a dominé, et le talent du pilote n’est pas étranger à cette réussite, mais il faut souligner le travail de toute la maison. C’est la victoire d’un homme, Champion du Monde Moto3 en 2013, et d’un staff’ désireux de retrouver sa gloire passée. Dans l’ère MotoGP (2002 à aujourd’hui), Suzuki n’avait gagné qu’une fois grâce à Chris Vermeulen (que certains auront reconnu sur la dernière photo de l’article) au Grand Prix de France 2007. Il a ensuite fallu attendre plus de 9 ans — très exactement 9 ans, 3 mois et 15 jours, soit 3 395 jours — pour que la firme d’Hamamatsu ne l’emporte à nouveau. Elle a su faire confiance aux bons hommes, travailler dans la bonne direction et peut aujourd’hui s’en féliciter

Face aux géants Honda et Yamaha, le chemin est encore long sur la route d’un titre de Champion du Monde. Suzuki n’en a d’ailleurs pas eu beaucoup en catégorie reine : il y a eu Barry Sheene (1976-77), Marco Lucchinelli (1981), Franco Uncini (1982), Kevin Schwantz (1993) et Kenny Roberts Jr (2000).

Qui sera le prochain ? Pas Viñales, puisque Maverick a d’ores et déjà une place assurée chez Yamaha. Pour lui, l’avenir s’annonce radieux sur une M1 devrait lui convenir à merveille. Valentino Rossi lui-même disait redouter son futur coéquipier, et d’aucuns pensent qu’il faudra compter sur l’espagnol pour les prochaines couronnes. 

Qui, alors ? Pour 2017, Ecstar aura dans ses rangs l’italien Andrea Iannone et l’espagnol Alex Rins. L’un a un talent immense mais doit gagner en régularité, le passage sur une japonaise le permettra peut-être. L’autre ne cesse d’impressionner depuis ses débuts internationaux (près de 50% de podiums en bientôt 5 saisons) et, à bientôt 21 ans, dispose de tout l’avenir devant lui.

Suzuki a encore beaucoup à faire mais l’épopée de son retour a pris une autre dimension à Silverstone. Après Ducati, Honda, et Yamaha, un 4ème constructeur est capable de jouer la gagne en MotoGP. KTM se joindra sûrement à la partie des ténors dans quelques mois, et Aprilia emboîtera peut-être le pas aux autrichiens. Il y a quelques années, 2 marques dominaient outrageusement le Mondial et la quasi-totalité du plateau devait se battre pour une 5ème place. Aujourd’hui tout a changé, et les prochaines années de la Vitesse Moto sont pleines de promesses. Maverick Viñales est l’une d’elles.

 

Stay tuned !

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