La colonne à Jicé: quand il pleut en plein désert…



La pluie en plein désert, qui sème la panique dans le paddock. Qui condamne les petites mains à des heures de balayage et de récoltes de jolis cailloux ronds. Et qui oblige les promoteurs du championnat du monde à faire croire des choses, alors qu’une simple analyse de la situation permet de savoir que l’impossible, cette fois, ne sera pas possible. Chronique d’un samedi au Qatar…

Dans le souk Al Wafiq, on fume la chicha les pieds dans l’eau. Dans les rues en chantier – pas enchanté ! – de Doha, chaque trou mal refermé est devenu une mare. Sur le circuit de Losail, de jolies rigoles se sont formées, qui dévalent dans les virages légèrement relevés, qui emmène dans leur courant des petits cailloux.

Un lac s’est même formé, là-bas derrière le paddock. On a aussi vu une voiture officielle bien mal parquée ; enfin, mise en piscine sur le bord de la piste… Et des coups de balai, des aspirateurs géants, des pompes qui avalent des milliers de litres d’eau. Et des pelouses qui en refoulent autant.

C’est l’heure des essais qualificatifs du GP du Qatar 2017, premier de la saison, et les moteurs sont muets. Pour cause. Pas besoin d’être un grand devin – ou un grand consommateur de vin – pour comprendre qu’il sera impossible de rouler avant plusieurs heures.

Dans leur jolie BMW de service, Loris Capirossi et Franco Uncini, Messieurs Sécurité, accumulent les tours, projetant dans leur sillage des nuages humides, pendant que les hommes de piste s’affairent, s’embrouillent, s’embourbent. Balai neuf ne balaie pas toujours bien dans ce drôle de ballet pour rien!

Dans le paddock, sur le muret de signalisation où l’on ne signalise rien, des petits groupes se sont formés. Il faut passer le temps, meubler ces moments vides, donner un peu de café à moudre aux commentateurs de la télévision prisonniers de leurs cabines et sevrés d’informations précises sur ce qui se passe. Sur ce qui va se passer. Rien.

Cal Crutchlow aimerait tant être «libéré» pour aller retrouver sa petite Willow, à l’hôtel. Les autres aimeraient savoir s’ils doivent encore rester de piquet. Le temps passe. A défaut de bruit sur la piste, il n’en manque pas dans les travées. Emis par ceux qui savent ou croient savoir.

Dans les bureaux, on s’active, parce qu’il y a longtemps qu’on a compris qu’il ne se passerait rien ce samedi soir et qu’il faut donc planifier le dimanche à venir. La météo est bien plus optimiste, on va tenter le coup. Une demi-heure encore et les écrans vont pouvoir s’éteindre : cette fois, c’est officiel, on arrête tout. On explique. Notamment que l’absence de drainage sur les abords du circuit a été la cause principale des problèmes ; Lapalisse n’aurait pas fait mieux.

Seulement lui, dans son génie, n’aurait jamais imaginé qu’il puisse tant pleuvoir en plein désert. Pour le dessert, on attendra donc vingt-quatre heures. A ce soir!

Stay tuned !

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