Saison 2011 : Marco Simoncelli, San Carlo Honda Gresini



Marco Simoncelli, qui soufflera ses 24 bougies ce 20 janvier, débutait cette saison dans la catégorie reine. Il est pourtant présent en championnat du monde depuis 2002. Quatre saisons en 125, avec pour meilleur résultat une cinquième place au classement général, suivies de quatre saisons en 250, avec, en point d’orgue, son titre de champion du monde de la catégorie en 2008.

Contre toute attente et complètement à contre-courant, c’est encore en 250 qu’il dispute la saison 2009. En effet, le natif de Cattolica préfère, alors que de nombreuses rumeurs l’annoncent en MotoGP, défendre son titre acquis l’année précédente. Il ne pourra cependant pas le reconduire, battu à la fois par Hector Barbera et par le champion 2009, Hiroshi Aoyama. Ce même Aoyama qu’il retrouvera d’ailleurs comme équipier cette année chez Gresini.
 
Après une première saison prometteuse, lors de laquelle il a terminé à douze reprises, en dix huit sorties, dans le top 10, il semble que le transalpin ait gagné la confiance de l’écurie officielle Honda, puisqu’il y aura le statut de pilote factory détaché chez Gresini en 2011. Mais que signifie concrètement être pilote factory détaché dans un team satellite? Selon ce que nous avons pu lire, il bénéficierait d’une moto « usine » avec, supposons le, les évolutions d’usine, d’un ingénieur usine et, et, et…et on n’en sait pas plus. 
A ce sujet, Fausto Gresini, team manager de l’équipe portant son nom, déclarait au micro des reporters de la Dorna: « En 2011 Simoncelli sera un pilote officiel du HRC, ce sera une grande responsabilité pour nous et pour lui. Nous savons qu’il peut progresser et faire un excellent Championnat. Nous partirons d’une bonne base et durant les Tests nous travaillerons côte à côte avec les techniciens du HRC. Il est difficile de prédire ce dont nous serons capables, le MotoGP est toujours une catégorie compliquée mais nous savons déjà que nous avons un bon pilote et une excellente moto.”    
Bref, on ne sait rien de plus en ce qui concerne l’étendue des avantages dont il bénéficiera. La seule chose dont on a connaissance à ce stade de la saison, concerne le fait que Andrea Dovizioso a quant à lui refusé d’effectuer le chemin inverse et de devenir ainsi pilote officiel du HRC, détaché chez Gresini. Il avançait comme argument que le statut de ces pilotes était bien trop incertain. Soit, il faut, quoiqu’il se passe, distinguer entre un pilote arrivant au statut d’officiel et un pilote en sortant! 
 
Mais la question qui me taraude, et ne pensez pas que je fasse de Honda mon souffre douleur (voir à ce sujet les articles sur Andrea DoviziosoCasey Stoner, et Dani Pedrosa), c’est de savoir où se trouve la ligne directrice du HRC dans tout ce branle-bas de combat…
 
Voilà une écurie qui se retrouve contractuellement dans l’obligation d’aligner trois motos pour la saison 2011. Elle a bien tenté de se débarrasser de « Dovi », mais rien n’y a fait, l’Italien s’est accroché et sera bel et bien au guidon de la Honda du HRC au Qatar d’ici quelques semaines. Et voilà que maintenant, ils font de Simoncelli un pilote officiel. Evidemment, il faut y voir une manoeuvre diligentée dans le but de garder un jeune pilote prometteur au sein du giron de la marque de Tokyo, mais si on s’autorise à se projeter au mois de novembre 2011, et si le transalpin réalise une bonne saison, ils doivent tout de même se douter qu’il ne se contentera certainement plus d’un guidon, certes officiel, mais de seconde main dans un team satellite! 
Alors, où vont-ils le caser? Comment, et autour de qui vont ils polariser les énergies? Nous nous trouvons dans une situation à deux leaders, Stoner et Pedrosa, un outsider qui va devoir enfin convaincre de son talent, Dovizioso, et un nouvel entrant qui se contenterait d’un statut de second, Marco Simoncelli. Dans une structure classique il y a donc deux pilotes de trop. 
De nouveau, il est à craindre qu’à force de ne pas arrêter de choix clairs et définitifs concernant l’orientation à donner à son line-up, Honda risque encore d’y perdre énormément d’énergie, de points et de pilotes. C’est pour cela que je ne vois pas débarquer Marco Simoncelli un jour au sein du HRC. S’il progresse et qu’il arrive à rééditer les résultats des dernières courses 2010, il faudra alors que Tokyo soit en mesure de répondre à ses légitimes prétentions sportives par un plan longue durée, ce dont actuellement je doute au vu de l’imbroglio juridico – sportivo – médiatique que représente le HRC.
La mission de Simoncelli sera donc d’être devant, au moins, un des trois officiels de chez Honda. Si on se reporte aux premiers tests de Valence on peut penser qu’il en est capable, puisqu’il a même été jusqu’à devancer Dani Pedrosa lors de la première journée. Bien entendu, l’espagnol était blessé, et à ce stade rien ne permet d’avoir la certitude qu’il bénéficiera exactement du même matériel que ses trois « équipiers », mais ses dernières sorties 2010 laissent penser qu’il est en train, mentalement, de monter en puissance et qu’il pourrait, cette saison, viser un top cinq. Les places seront chères mais Simoncelli aime la bagarre et aime le travail, ce qui, au final, en MotoGP, sont deux caractéristiques indispensables pour pouvoir s’offrir le luxe d’espérer.
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