Dunlop : du nouveau D212 GP Pro au Moto2. Entretien avec Francis Audefroy



Il y a maintenant une dizaine de jours, Dunlop, qui fête ses 125 ans d’existence, lançait son nouveau pneu circuit homologué route, le Sportmax D212 GP Pro.

A cette occasion, nous avons eu l’opportunité de discuter avec Francis Audefroy, le directeur de Dunlop France.

Outre cette nouvelle enveloppe, nous avons également discuté de l’implication sportive de Dunlop et notamment du Championnat du Monde de vitesse où le manufacturier dispose d’un contrat de fournisseur unique, au moins jusqu’en 2014, pour les catégories Moto2 et Moto3.  

GPi : Monsieur Audefroy, le D212 GP Pro est-il un pneumatique pensé entièrement pour la course ?

Tout à fait, c’est un pneumatique qui est destiné à être utilisé en course. Il y a donc deux versions, une slick et l’autre sculptée. Il a complètement été repensé par rapport à son prédécesseur, le D211 GP.

GPi : Qu’apporte-t-il de nouveau par rapport à l’ancienne version ?

Il y a énormément de choses qui changent mais essentiellement, la construction de la carcasse, qui a été complètement revue. C’est particulièrement vrai pour le pneu avant qui présente désormais une forme très arrondie d’un bord à l’autre. C’est quasiment un pneu ballon.

On a également changé la carcasse pour limiter l’expansion dynamique, c’est-à-dire sa déformation sous l’effet de la force centrifuge. Nous avons également repensé les gommes appliquées dessus.    

Le pneu arrière, de son côté, a subi moins d’évolutions mais tout aussi importantes et notamment sur le système basse pression (NTEC) qui permet de rouler avec des pressions encore plus basses que l’ancienne génération. Nous avons aussi complètement revu les gommes d’épaulement.

GPi : A quels types de compétitions est-il destiné ?

Il va être destiné à toutes les personnes qui font des ‘track days’, ensuite, il peut également être utilisé dans des championnats intermédiaires nationaux comme par exemple le promo sport en France.

Ensuite, pour la partie sculptée, il est conçu pour le super sport, en national ou international et pour la partie slick, pour le Superbike ou l’endurance.

GPi : Comment répondez-vous aux désidératas de vos clients ?      

Lorsqu’on pense un nouveau pneumatique, on commence par écouter toutes les remarques qui sont faites à propos de son prédécesseur en cours d’utilisation et c’est d’ailleurs pour ça qu’on a revu entièrement notre pneu avant de fond en comble. Les pilotes demandaient beaucoup plus de stabilité sur l’avant, que ce soit au freinage, en ligne droite ou en courbe.

Ensuite, nous disposons de pilotes de développement, en interne, qu’on utilise pour des missions bien spécifiques.

Nos ingénieurs créent le nouveau pneu, l’industrialise en petite série et ce sont les pilotes de développement qui valident les améliorations qu’on recherchait. Une fois que nous avons reçu les confirmations de la piste, nous passons à la production industrielle en grande série.

GPi : Vous avez lancé votre propre team de développement avec Stefan Nebel, pourrait-on envisager la même initiative pour le Moto2 ?

Le Moto2 c’est un peu différent car on répond au cahier des charges de la Dorna. On nous demande de construire un pneu qui aura telle ou telle spécificité. On conçoit le pneumatique, des pilotes roulent avec, le valident et ensuite, c’est le pneu qui est retenu pour le championnat.

Il y a déjà eu une première modification, la saison dernière, où l’avant a été arrondi pour répondre à l’évolution et aux demandes des pilotes.

Mais au niveau du Moto2, nous devons répondre à des exigences et nous ne sommes pas libres de ce faire ce que nous voulons. A l’opposé, le D212 correspond à nos choix puisqu’il a été développé entièrement par nos soins.

On dispose du team Stefan Nebel mais ce n’est pas le seul puisque nous avons également d’autres teams comme le SERT ou le TT Legend qui nous aident dans le développement.

GPi : Concernant le Moto2, on a pu voir que la situation était particulièrement compliquée à Austin. Comment Dunlop peut-il faire face à ces difficultés ?

A Austin, personne n’avait jamais roulé là-bas avec les Dunlop et donc, l’exemple est vraiment particulier.

Chaque pilote reçoit une dotation de pneumatique à l’entrée de son week-end de course. C’est lui qui choisit son pack de pneus parmi les spécificités fournies – qui sont d’ailleurs les mêmes toute l’année.

En fonction de ce que le pilote sait de la piste et de sa moto, c’est lui qui choisit. Dunlop n’intervient pas en tant que conseiller mais simplement en tant que fournisseur.

A Austin, les pilotes étaient en pleine découverte et visiblement, tout le monde n’a pas été très judicieux dans le choix de son pack.

Lors des tests, ils n’ont pas utilisé les bonnes gommes et une fois en course, ils ne disposaient plus du pneu adéquat. Ils sont donc partis avec le pneu qui restait.

GPi : Les évolutions en cours d’année ne sont donc pas permises…

Concernant les évolutions en cours d’année, normalement, il n’y en a pas puisqu’en début de championnat, il y a un pneu qui est validé pour toute la saison et qui est toujours plus ou moins le même que celui de l’année précédente avec éventuellement de petites modifications.

Mais une fois ce choix arrêté, pendant toute la saison, les pilotes choisissent dans un pack de pneus qui n’évoluent plus.

C’est une question d’équité. De la même manière qu’ils ont toujours le même moteur (même s’il y a tournante), ils ont toujours les mêmes gommes, qu’on soit en Europe du Nord, sous la pluie froide, en Asie, sous la pluie chaude ou sous les fortes chaleurs en Espagne ».     

Pour tous renseignements complémentaires sur le Sportmax D212 GP Pro, cliquez ici 

Stay tuned !

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