6 questions à Mike Di Meglio et Gianluca Montiron : l’analyse du début de saison



Depuis son arrivée en Moto2, Mike Di Meglio, le champion du monde 2008 en 125, n’a pas réellement réussi à s’imposer.

Que ce soit chez Aspar en 2010, chez Tech3 en 2011 ou la saison passée où il sera passé par Speedmaster, MZ et Kiefer Racing.

Face à une impasse en fin de saison dernière, c’est chez JiR que le Toulousain est en train de rebondir avec comme récompense de ses nombreux efforts hivernaux, une convaincante septième place au Mans.

Le Français progresse et si après une course difficile à Jerez, on craignait de voir revenir le spectre de la déception, c’est tout le contraire qu’il nous a offert pour sa course nationale.

Nous l’avons rencontré en compagnie de Gianluca Montiron pour revenir, avec eux, sur ces premiers mois d’une collaboration où on sent que pilote comme écurie sont là pour saisir une chance.   

« GPi : Après quelques mois de collaboration, quel est le point de vue du team manager sur son pilote et le point de vue du pilote sur son équipe ?

Gianluca Montiron : Lorsque nous avons engagé Mike, nous l’avons fait parce qu’il a été Champion du Monde en 125cc et que nous croyons qu’il a le potentiel pour réussir en Moto2 parce qu’un champion reste un champion.

Il vient de trois saisons relativement compliquées où il est passé par plusieurs teams et différentes motos et je pense que nous sommes maintenant dans un processus de reconstruction de sa confiance en la moto mais également en son équipe. Du coup, le parcours est un peu plus long que celui que nous voudrions en matière de résultats sportifs.

Mais nous procédons étape par étape et pendant l’hiver et ces premières courses, nous avons d’abord essayé de lui offrir la confiance nécessaire pour pouvoir changer son style de pilotage parce que nous avons remarqué que pour réussir en Moto2, il a besoin d’un style différent de celui qu’il a utilisé jusqu’aujourd’hui.

La dynamique du quatre temps est différente de celle du deux temps. Le fait de ne pas avoir de contrôle de traction impose un style différent. Les 10 premiers se sont probablement adaptés à ce standard et du coup, la cible est plus élevée. Depuis 2010, lorsque nous nous sommes tous lancés dans le Moto2, les choses ont changé. Lorsque Corsi ou de Angelis ont roulé pour JiR, ils ont réussi de bonnes prestations qu’ils n’ont plus répétées par la suite, ce qui montre que le niveau s’est élevé. Avec Mike, nous repartons de zéro pour nous adapter à ce nouveau style de pilotage et c’est qui fera la différence.

Nous sommes confiants et nous savons ce que nous avons à faire pour obtenir de meilleurs résultats parce que nous sommes-là pour essayer d’atteindre les places qui comptent.

Mike Di Meglio : Lorsque je suis arrivé, je n’avais pas beaucoup de feeling avec l’avant de cette moto mais ce qui m’a plu, c’est d’avoir toute cette aide du Japon. Ils m’ont été d’une aide précieuse pour trouver une base de réglages qui me convenait. C’est eux qui ont conçu cette moto et c’était donc eux les mieux placés pour savoir ce qu’on devait essayer et ce qu’on devait modifier pour qu’elle me plaise. Ils ont été là tout l’hiver pour effectuer le travail de fond. Leur assistance a été capitale aussi parce que lorsque les Japonais font quelque chose, ils le font à fond et c’est une mentalité que j’admire.

GPi : Chez JiR, l’équipe est complètement différente par rapport à celle qui encadrait Johann Zarco et pour Mike, le team est tout nouveau. Comment ça se passe une découverte ? C’est difficile de recommencer avec de nouvelles personnes ?

M.DM : La saison dernière, j’ai changé trois fois d’écurie alors je pense être rodé à ces changements (rires) ! Ca ne pouvait donc pas être pire !

C’est clair qu’un travail sur plusieurs années est plus agréable mais dans ma carrière, ça ne m’est jamais arrivé. On prend les choses étape par étape, d’abord les résultats et puis on pensera à travailler pour le futur.

G.M. : L‘important, c’est d’avoir la conviction de mettre tout en œuvre pour permettre au pilote d’évoluer à son meilleur niveau. Je pense que de notre côté, nous faisons tout pour mettre Mike dans les meilleures conditions. Après, on peut y arriver, ou pas, mais nous, de notre côté, on met tout en œuvre pour que cette collaboration soit un succès.    

GPi : Gianluca, j’ai pu lire que tu avais estimé que la MotoBi était un des meilleurs packages de base en Moto2. Pourquoi en es-tu convaincu car finalement, les adversaires comme Kalex ou Suter sont relativement forts ?

Les techniciens de TSR sont ceux qui gèrent les Honda officielles. Ils participent, pour le HRC, aux huit heures de Suzuka et au championnat japonais. Ils ont donc une connaissance spécifique et approfondie de ce qu’est la CBR 600 et la 1000. Dès lors, je pense qu’ils ont le « know how » pour construire une moto compétitive. C’est pourquoi j’ai confiance dans le fait que nous disposons d’une moto compétitive. Je me base aussi sur le fait que par le passé, nous avons obtenu des places qui comptent. N’avoir qu’un seul pilote n’est pas relevant car les japonais ont une méthode de travail ‘step by step’ qui fait qu’ils avancent au fur et à mesure des tests. Ils ont également un pilote d’essai au Japon qui mène des essais sur toutes les modifications qui nous arrivent. Nous nous sommes divisés le travail. Nous, de notre côté, on travaille sur l’aérodynamique alors que de leur côté, ils travaillent sur le setting du châssis. Nous avons un contrat d’exclusivité avec eux pour essayer les modifications et c’est un avantage car TSR est une référence pour nous, mais également pour Honda.

GPi : Quand vous dites que vous travaillez sur l’aérodynamique, le travail se résume sur les circuits ou le gros du travail s’effectue-t-il à la maison ?

Le gros du travail est réalisé à l’usine et testé en course. On travaille en soufflerie et ensuite, on amène les évolutions sur la piste pour mener des comparaisons car ce n’est pas parce que les résultats semblent bons au banc d’essai qu’ils le sont sur le circuit. Il y a de nombreuses petites choses que nous développons de course en course et que nous continuerons à développer tout au long de la saison.

GPi : J’ai pu lire, après Jerez, où vous avez disputé une mauvaise course, que chacun s’était remis en question pour trouver ce qui n’avait pas fonctionné. Quelles étaient les conclusions ?

G.M. : C’est une combinaison de choses qui n’a pas fonctionné et nous savons que sur certaines pistes le travail à effecteur est plus grand qu’ailleurs et donc, nous sommes conscients de ce qui nous manque et nous travaillons pour progresser le plus rapidement possible. Les courses sont comme ça. Ca nous est arrivé à Jerez et nous avons mis tout en œuvre, notamment en changeant notre chef-mécanicien, pour que ça ne se reproduise pas au Mans. L’important, c’est de ne jamais perdre confiance en notre projet.

M.DM : Nous avions beaucoup de références à Jerez parce que nous y avons tourné longuement en hiver. Nous y avions déjà rencontré quelques soucis mais pas comme lors du Grand Prix. Les conditions avaient fortement changé par rapport à l’hiver. Nous avons cherché à comprendre pourquoi nous avons été mis en difficulté et je pense qu’au Mans, nous avons montré que le travail d’analyse a porté ses fruits.  

GPi : Quelle serait le classement idéal en fin de saison ?

G.M. : Clairement, nous devons arriver à lutter pour le podium. C’est l’objectif

M.DM : C’est pareil pour moi parce que ça fait maintenant depuis 2009 que je n’ai plus eu l’occasion de monter sur un podium. J’ai une faim incroyable de le retrouver. On donne le maximum pour être devant le plus vite possible, que ce soit le team ou moi pour changer mon style de pilotage ».

Et pourquoi pas au Mugello alors…

Stay tuned !

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Pgoto : S.Meyers 

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