Moto2 : la guerre des moteurs n'aura pas lieu.



Dans une interview accordée à notre confrère SpeedWeek, Hervé Poncharal, en tant Président de l’IRTA, l’association des teams de Grand Prix, est clair; comme cela a été décidé au moins d’avril dernier, Honda propulsera encore les Moto2 au moins jusqu’en 2015.

Cette réponse fait face à une proposition émise cet été par Pit Beirer, le patron de la compétition chez KTM, qui souhaitait mettre en avant, pour le futur, un concept de 500cc bicylindres de compétition. Ce concept, destiné à remplacer à terme le 600cc Honda de série, pourrait être réalisé par plusieurs constructeurs, mettant ainsi fin au monopole Honda actuel en Moto2.

Evidemment, les futurs moteurs reprendraient en double une grande partie des pièces des actuels moteurs de Moto3, comme le faisaient dans passé, les 500cc 2temps avec les 250cc, elles-mêmes reprenant 2 pistons de 125cc.
Ce projet n’est pas définitivement enterré mais au moins repoussé jusqu’à 2016.

C’est l’occasion de se demander quels sont les d’inconvénients et les avantages du moteur utilisé aujourd’hui, indépendamment du fait qu’il ne s’agisse pas d’un moteur de compétition.
Au titre des avantages, on peut citer un coût théorique très bas, puisqu’il s’agit d’un moteur issu de la série, légèrement modifié par un travail sur les conduits, un changement d’arbres à cames, et une légère décompression.
On peut également le créditer d’une bonne fiabilité puisque, à quelques exceptions près en fin d’année dernière, ce propulseur n’a que très rarement défailli.

Son principal inconvénient remonte à son année de création; il s’agit d’un vieux moteur dont le circuit de refroidissement interne est relativement mal conçu, ce qui engendre des radiateurs de type « armoire normande », donc une aérodynamique très loin de ce qu’on devrait avoir en championnat du monde. Dans ce domaine, un 500cc bicylindre moderne apporteraient des motos très fines, que ce soit au niveau de la largeur du moteur que de celle du radiateur, donc très rapides, sans même parler de puissance…
Le moteur Honda est également peu puissant (à peine 125 chevaux contre les 150 annoncés) et finalement pas si bon marché que cela puisque ceux-ci étaient envoyés du Japon en Suisse où ils étaient démontés et voyaient leur culasse repartir au Japon, afin d’être modifiée manuellement, avant de revenir être remontée au bord du lac Léman (!).
Un coût de revient et un contrat exorbitant, surtout si on le compare au prix de revient d’un « moteur de Moto2 en championnat d’Espagne », strictement de série et vendu à peine plus de 5000 euros. Depuis mi-2013, la réalisation et la maintenance de ces moteurs a quitté Geo Technology pour s’établir dans la zone technique du circuit d’Aragon, chez ExternPro.

En résumé, KTM souhaite maintenant capitaliser sur son hégémonie en Moto3 pour monter en Moto2, au plus tard en 2016, avec une moto mais surtout, évidemment, un moteur digne d’un championnat du monde réalisé par ses soins.
Les instances actuelles bottent pour le moment en touche,  surtout soucieuses de ne pas faire exploser le budget de fonctionnement de la catégorie intermédiaire, comme quoi la très stricte règlementation financière mise en place pour les Moto3 ne suffit pas à les rassurer pleinement… 

Stay tuned !

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