Miguel Oliveira, l’homme qui a donné ses lettres de noblesse à Mahindra



En 2012, avec Monlau, Miguel Oliveira signait une première saison complète en Championnat du Monde, saison convaincante puisqu’il terminait certes derrière son équipier, Alex Rins, mais en obtenant plus de podiums que lui.

Malgré cette bonne entrée en matière, juste avant la fin du Championnat, on apprenait, avec une certaine stupéfaction, que le Portugais était remercié au profit d’Alex Marquez.

Contraint de quitter la structure d’Emilio Alzamora, Miguel se mettait alors en quête d’une solution de rechange et aboutissait chez Mahindra.

Si jusque-là, Mahindra avait surtout été synonyme de résultats assez médiocres avec les échecs de pilotes comme Webb ou Schrötter, on savait que le constructeur indien avait décidé de confier la réalisation de sa nouvelle machine à Suter pour emplacer Engines Engineering.  Mais c’est à peu près tout ce qu’on connaissait d’une moto qui, à l’été 2012, n’était encore qu’un dessin sur un plan.

Mais la sauce n’a pas manqué de liant et pour une première saison, la Mahindra réussissait l’exceptionnel exploit de prendre l’ascendant sur la Honda et de taquiner, à quelques reprises, les intouchables KTM.

Pari réussi donc pour Miguel Oliveira qui, au guidon d’une moto dont personne ne voulait, a une nouvelle fois prouvé qu’il faisait bel et bien partie des pilotes de pointe de la catégorie en signant une pole, un podium et plusieurs tours rapides.

Nous l’avons rencontré pour évoquer son éviction de chez Monlau et ses succès dans sa nouvelle écurie.  

« GPi : Miguel, en 2012, pour ta première saison en Championnat du Monde, tu as terminé derrière Rins mais en réalisant plus de podiums que lui. Ton éviction au profit d’Alex Marquez est-elle liée à une sorte de préférence nationale ou existe-t-il d’autres facteurs?

M.O. : Oui, il y avait d’autres facteurs qui ne m’ont pas permis de continuer avec cette équipe. Alzamora a essayé d’obtenir trois places, mais l’organisateur ne les lui a pas données. Son plan était de me garder et de disposer d’une équipe de trois pilotes parce que nous avions un plan qui s’étendait sur trois saisons. Je ne pense pas qu’il y ait eu une quelconque préférence en raison de la nationalité. Je pense que c’était plutôt une question de business plan pour ses sponsors.

GPi : Quand tu vois les résultats de Monlau, en 2013, ressens-tu une certaine amertume?

M.O. : Monlau est une des meilleures écuries du paddock et c’est une référence pour toutes les autres structures. Pourquoi devrais-je avoir de l’amertume ?

GPi : Quoi qu’il en soit, en offrant son premier podium à Mahindra et en étant le seul, avec Alexis Masbou, à avoir été capable de te maintenir toute une course aux avant-postes avec les KTM, tu as pris une belle revanche. Comment juges-tu ta saison et quels en sont les points positifs et négatifs?

M.O. : Comme chacun le sait, cette année, Mahindra a lancé un nouveau projet avec une nouvelle moto et de nouvelles personnes. Partir de zéro et dès la première saison, réussir une pole, un podium et signer des tours rapides, c’est quelque chose de très positif.

Mais personnellement, en tant que pilote, je sens et je sais que je peux obtenir d’avantage de bons résultats et c’est peut-être là que se situe le point le plus négatif de cet exercice.

GPi : Vous avez montré de belles choses, cette saison, mais vous avez aussi affiché un certain manque de régularité. On sait que la moto n’en était qu’à sa première saison mais au final, qu’a-t-il manqué à Mahindra pour être régulièrement devant? Etait-ce lié à certains circuits ou à des causes plus mécaniques?

M.O. : Comme je l’ai expliqué Mahindra a porté un nouveau projet sur les fonts baptismaux et comme tous les nouveaux projets, il avait ses propres défauts. Je ne pense pas qu’on puisse réellement dire que nous avons manqué de régularité. Pour moi, l’important, c’est le travail de développement que nous avons mené avec l’équipe et leur opinion, bien entendu.

GPi : Quels sont les avantages et les inconvénients de la Mahindra face aux KTM et Honda?

M.O. : C’est quelque chose auquel je ne peux pas réellement répondre parce que je suis pilote et c’est aux ingénieurs de répondre à ça.

GPi : Quel est le plan de bataille de Mahindra face à KTM et à Honda que l’on dit revenir en force?

M.O. : Je me souviens qu’il y a deux ans, la Honda était la favorite pour remporter la mise lorsqu’à Valence, le moteur de la KTM n’avait pas démarré. Pourtant, dimanche, KTM va gagner son deuxième titre en Moto3.L’ingénierie n’est pas une science exacte et je ne sais pas si quelqu’un a réellement un plan mais en tout cas, ce que tout le monde sait, c’est que la KTM est la machine à battre.

GPi : Tu as montré que tu avais la vitesse et le talent mais tu es aussi le seul portugais en Championnat du Monde. Est-ce un handicap ou un avantage ? Comment t’en sors-tu pour trouver tes budgets?

M.O. : Mon talent et mon travail sérieux m’ont donné l’opportunité d’être là où je suis aujourd’hui. Le marché portugais, en ce moment, ne connaît pas bien le Championnat du Monde en tant que  plateforme de communication et c’est vrai que ça représente un désavantage dans notre recherche de budget.

GPi : Existe-t-il une relève portugaise, derrière toi ?

M.O. : Je le crois. Avec mon expérience, je fais de mon mieux pour aider un jeune pilote, Pedro Nuno, qui je crois, d’ici quelques années, sera prêt pour débarquer en Championnat du Monde.

GPi : Que fera Miguel Oliveira en 2014 ? Quelles sont tes ambitions?

M.O. : Je vais de nouveau rouler en Moto3 avec l’ambition et la ferme intention de me battre pour les podiums et pour le titre ».

Comme le dit Nelson Viava: « il n’y a qu’au dictionnaire que succès arrive avant travail », et c’est une valeur que Miguel Oliveira cultive de main de maître.

Stay tuned !

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