Ce qui a freiné l’ascension de Quartararo en 2020 (Razali)



Le patron de l’équipe Petronas Yamaha cite deux problèmes pour expliquer la dégradation des résultats de Fabio Quartararo en 2020 : des problèmes sur la moto, et de l’expérience à acquérir pour gérer les situations où les choses tournent mal. 

Fin juillet, la planète MotoGP ne tournait plus qu’autour de Fabio Quartararo. À 21 ans, le jeune français venait de remporter les Grands Prix d’Espagne et d’Andalousie, laissant ses autres rivaux loin derrière lui. Ces deux performances venaient confirmer celles de la saison 2019 – 7 podiums, 6 poles, les titres honorifiques de meilleur rookie et meilleur pilote satellite… –, et en faisaient, en l’absence de Marc Marquez, le favori logique dans la course au trône de champion du monde.

Quatre mois plus tard, c’est pourtant un autre homme, Joan Mir, qui est monté sur ce trône. Longtemps en mesure de lui disputer le titre, Fabio Quartararo a finalement terminé 8e du championnat, mais à seulement 12 points de la 3e position d’Alex Rins. Plus les semaines ont passé, plus ses résultats ont chuté, avec notamment deux abandons et quatre courses terminées hors du top-10. Sur une saison raccourcie à 14 Grands Prix, de telles contre-performances coûtent cher.

Comment expliquer ces bouleversements ? Razlan Razali, qui l’a supervisé dans le Petronas Yamaha Sepang Racing Team, donne à Gpone deux raisons principales qui s’entremêlent : « Je pense que c’était une combinaison de la nouvelle moto et de l’inexpérience de Fabio à gérer des situations où il ne s’en sort pas bien. »

« Sa moto a eu des problèmes »

Une fois les deux épreuves de Jerez passées, Fabio Quartararo s’est mis à rencontrer des problèmes sur sa Yamaha. Pneumatiques, freins, puissance : les défauts de la M1 sont remontés à la surface, et ne se sont dès lors effacés qu’à de rares reprises, comme à Barcelone – où le pilote français s’est imposé. Et face à cela, El Diablo a fait parler son « tempérament », explique Razlan Razali.

« Comme vous pouvez le voir à la TV, quand Fabio ne s’en sort pas bien, il s’énerve, il a le sang chaud, il a besoin d’apprendre et d’être plus tranquille. Sa moto a cependant eu des problèmes en comparaison à celle de Franco. Il ne faut pas oublier que la moto de Franco est plus vieille, c’est une moto d’usine 2019 qui a fait ses preuves en termes de performance et de fiabilité, mais la moto de 2020 était une moto complètement nouvelle, avec pas assez de temps de test. »

Le point soulevé par le dirigeant malaisien quant à la moto est important, car il souligne l’origine des maux de Fabio Quartararo. Les deux autres pilotes équipés du modèle 2020 de la M1, Maverick Viñales et Valentino Rossi, ont eux aussi pointé Yamaha du doigt. « Nous sommes au milieu du chaos », concluait même l’Espagnol en fin de saison. À l’inverse, Franco Morbidelli disposait d’une version différente, plus vieille et déjà développée, et s’en est mieux tiré. L’Italien a d’ailleurs décidé de la garder pour 2021, et ne pas demander à Yamaha le modèle plus récent.

Quant au « sang chaud » de Fabio Quartararo, il convient de rappeler que le Niçois n’a que 21 ans, moins de 100 Grands Prix au compteur à l’époque et qu’il n’avait jamais joué un titre à ce niveau. Pour 2021, il a décidé de travailler avec un psychologue, comme déjà fait par le passé.

« Ça m’avait énormément aidé sur le plan des émotions, expliquait-il en décembre. Je suis une personne qui les montre un petit peu trop, ressent un petit peu trop. L’objectif pour 2021 est d’avoir moins d’émotions, bonnes comme mauvaises, pour être plus concentré et surtout donner des données à mes ingénieurs. À certains moments, quand la moto n’allait pas, je m’énervais trop. Je parlais pour parler mais je ne parlais pas de la bonne façon et ce sera super important l’an prochain. C’est sur ce plan-là que j’aimerais vraiment travailler avec le psychologue. »

Les résultats obtenus restent historiquement bons dans l’histoire de la moto française. Pour le reste, c’est en forgeant qu’on devient forgeron.

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