Fabio Quartararo : « Le titre est l’objectif mais il ne faut pas que j’y pense dès le début de saison »



La responsabilité d’être pilote d’usine, les apports du travail avec un psychologue, les objectifs pour 2021 : Fabio Quartararo a fait le point à l’aube de sa troisième saison de MotoGP, en compagnie de Johann Zarco et Claude Michy. Voici ce qu’il faut retenir des déclarations du pilote Monster Energy Yamaha.

Retour en Europe après le test de Losail : « Je suis en Andorre, j’ai décidé de rentrer après les essais. Je repars lundi pour le Qatar. J’ai pu bien m’entraîner, faire pas mal de sport, pas mal de moto donc ça va, je suis content de mon planning de cette semaine. »

Le test de Losail avec le costume de pilote d’usine et ses nouvelles responsabilités : « Ce furent de très bons essais, mais comparé à l’an dernier, on a eu l’opportunité de faire des tours qualifs mais on était pas vraiment concentrés sur ça. En fin de journée on a mis un pneu et réussi à faire de très bons chronos, mais il y avait énormément de choses à essayer. »

« On ressent vraiment une grande responsabilité à se dire qu’on développe une moto, que la moto va vraiment évoluer par rapport à nos commentaires, ce qu’on ressent, les données, et c’est Viñales et moi qui (menons) ça. Ce n’est pas facile mais c’est un job que j’aime et qui me fait prendre en expérience pour le futur. »

« Chez Petronas je n’avais pas le pouvoir de dire ‘ça tourne pas’ ou ‘il faut changer’, par exemple. En tant que pilote officiel j’ai le pouvoir de dire ‘c’est un peu mieux ou moins bien, il faudrait travailler dans cette direction ou dans l’autre’. On va dire que les ingénieurs japonais sont plus concentrés sur les pilotes officiels que sur les pilotes satellites. »

Travail de psychologie pour se retrouver : « J’ai travaillé avec un psychologue et je pense que ça m’a aidé. Il y a tellement de choses qui n’allaient pas très bien, l’an dernier j’ai fait des des erreurs que pour l’instant je ne fais pas, à dire ‘la moto ça va pas’ et essayer de trouver quel réglage allait, quelle map électronique mettre… Au final ce n’est pas mon travail. À la fin d’une séance je dois donner mes commentaires et mon ressenti, mais pas essayer de trouver des réglages électroniques ou de la moto. Au premier jour (du test) j’ai eu des difficultés à m’adapter à la moto mais j’étais tranquille. Ça m’a fait énormément de bien de travailler avec ce psy, pour être plus calme et me concentrer sur ce dont je dois vraiment me concentrer. »

La quête du titre, mais sous un autre angle : « On a terminé la saison dernière avec des problèmes techniques, mais aussi d’autres problèmes où je n’ai pas su gérer assez bien. On avait la possibilité de faire 6e-7e, je poussais trop et tombais, donc en fin de saison ça aurait pu faire une grande différence de points. L’objectif est de se battre pour le titre ; il va falloir être vraiment concentré, les courses où on sait qu’on ne peut pas se battre pour la victoire, il faudra marquer le maximum de points. »

« L’an dernier c’était une frustration sur le moment mais j’ai énormément appris, donc la frustration est partie assez vite pour essayer de se battre pour le championnat en 2021. Mon objectif lointain est de gagner le championnat mais il ne faut pas que j’y pense dès le début de la saison. Il faut que je pense à gagner des courses, faire des podiums, et c’est comme ça qu’on gagne le championnat. »

La Yamaha satellite, pas meilleure que la moto officielle : « Non. On va dire que les personnes qui pensaient que la moto satellite allait plus vite que l’officielle, c’étaient juste (à cause de) citations sur les réseaux sociaux. C’es plus selon les circonstances car ce sont des motos vraiment proches, tout dépend de l’aspiration, de qui se sent mieux sur un circuit. Les motos satellites ne vont pas mieux que les officielles. Mais c’est vrai que la moto de 2019 est pour moi la meilleure Yamaha que j’ai pilotée, on en est encore loin avec la 2021 donc on va avoir des difficultés sur quelques circuits. »

« Franco (Morbidelli) a cette ‘Spec’ là donc il y aura des moments où on sera peut-être en difficulté, et pour lui on sait que la moto de 2019 est la plus régulière, mais ce n’est pas parce que c’est une moto satellite qu’elle va un peu mieux. C’est juste que certains pilotes préfèrent certaines circuits, se sentent mieux dans des conditions plus chaudes ou plus froides. C’est plus par rapport au ressenti du pilote. »

Cal Crutchlow pilote d’essai, un nouvel atout : « Ce qui est bien, c’est qu’on a eu le même ressenti. J’ai parlé un peu avec lui, il a essayé les motos de 2019, 2020, 2021, on a les mêmes commentaires. Je pense que pour l’instant c’est dur de vraiment voir l’effet Cal sur Yamaha, mais je pousse au maximum pour que Yamaha fasse plus de tests avec Cal. Je pense que c’est un pilote qui est très bon et dit les choses de manière directe, un pilote très sincère avec un caractère assez puissant, mais pour l’instant je ne pense pas qu’il ait fait assez de tests pour vraiment voir les effets. J’espère que Yamaha fera plus de tests avec lui pour qu’on puisse voir vraiment une amélioration pour 2021-2022. »

Gérer la popularité : « C’est sûr que ça évolue énormément, j’ai fait quelques émissions grand public, et je le gère assez bien. J’ai un entourage qui m’aide à garder les pieds sur Terre, je pense sincèrement qu’il faut rester naturel et pour l’instant je le vis bien, je suis tranquille. J’arrive à prendre mon temps pour m’entraîner et c’est le plus important, mais c’est aussi toujours un plaisir de voir des fans contents de voir des pilotes. Je pense aussi que c’est cool d’avoir une autre vision pour le grand public, montrer qu’un pilote n’est pas qu’une personne qui conduit. Il y a pas mal de choses que les gens ne savent pas par rapport à la pression, au stress à gérer, aux heures d’entraînement… Ce n’est pas que conduire une moto, donc c’était bien d’expliquer ce ressenti. »

Le vaccin contre le Covid-19 dans le paddock : « Je préfère garder privé si je suis vacciné ou pas, mais je pense que c’était une opportunité pour le paddock que d’avoir cette chance. Certains ont voulu, certains non, mais c’était quand même exceptionnel. Des millions de personnes aimeraient avoir cette possibilité, donc je préfère que cela reste privé. De toute façon on aura les tests PCR avant chaque course et peut-être même plusieurs fois par course, donc pour l’instant on continuera avec les tests PCR. »

Marc Marquez au Qatar : « Je pense que oui. On ne connait pas vraiment l’évolution de son bras mais je pense qu’il en a un peu sous le coude. On sait très bien que Marc a énormément d’expérience, il a été 8 fois champion du monde dont 6 en MotoGP. Même s’il n’a pas fait le test MotoGP, on sait très bien qu’il va peut-être avoir des difficultés vendredi, mais samedi et dimanche il sera là. »

« Voir qu’il revient est quelque chose de bien pour le championnat. Il m’a énormément aidé la première année. Enfin ‘aidé’, on va dire que je l’ai un peu pris comme lièvre, j’ai essayé de le suivre et ça a poussé mes limites. Je pense que le voir dès le début du championnat va être quelque chose de bien et va avoir un effet sur pas mal de pilotes, dont moi, et ça donne une motivation supplémentaire. »

Fabio Quartararo, du CEV à Monster Energy Yamaha

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