Marquez, retour précipité : « Le docteur doit savoir te freiner »



Marc Marquez estime ne pas être seul responsable du fait que la plaque insérée dans son bras ait cassé après le Grand Prix d’Andalousie. Oui, il est revenu très tôt, mais parce que les docteurs lui ont dit qu’il n’y avait aucun risque. 

« Je suis courageux, mais pas inconscient. » Les mots sont lâchés par Marc Marquez. Quatre mois après sa blessure à l’humérus, et à l’aube d’une troisième opération du bras droit (entretien effectué avant mais diffusé après), le pilote Honda a rompu le silence devant les caméras de la télévision espagnole DAZN, dont il est ambassadeur. Rarement apparu face aux médias depuis cet été, l’octuple champion du monde a dressé le bilan de la saison 2020, et décrit sa situation.

L’eau a coulé sous les ponts depuis ce lundi 3 août, jour de sa deuxième intervention chirurgicale. Victime d’une fracture de l’humérus droit le dimanche 19 juillet, lors du Grand Prix d’Espagne, Marc Marquez avait été opéré une première fois le mardi 21. Samedi 25, il grimpait sur sa Honda lors de la troisième séance d’essais libres du Grand Prix d’Andalousie. Une tentative de retour avortée à cause de la douleur, puis les éléments chirurgicaux placés dans son bras qui se brisent quelques jours plus tard.

« Le retour était précipité », reconnaît aujourd’hui le champion catalan, qui dit avoir « appris beaucoup de choses ». « La plaque s’est cassée en ouvrant une porte pour aller dans le jardin. Mais elle ne s’est pas cassée là, elle s’est cassée à cause de tout le stress (exercé pendant sa tentative de retour, NDLR). Ce fut une erreur. Ce que j’ai appris : les pilotes, nous avons une vertu et un défaut, c’est que nous ne voyons pas le risque, nous ne voyons pas la peur. Cela signifie qu’on doit nous le faire voir. »

Car s’il est bien conscient qu’il n’aurait pas dû tenter de participer au Grand Prix d’Andalousie, Marc Marquez estime qu’il n’a fait que ce que tout pilote ferait : essayer de revenir le plus vite possible. Et met donc partiellement la faute sur les médecins qui l’entouraient, et qui ne l’ont pas empêché de passer, en à peine quatre jours, du lit de l’hôpital universitaire Dexeus de Barcelone au siège de la Honda RC213V.

« En sortant de la première opération, la première chose que j’ai demandé, c’est quand est-ce que je peux revenir, ce que demande tout pilote. Et c’est là que le docteur doit savoir te freiner, ou être réaliste. Je suis allé à Jerez avec la sûreté que la plaque le supporterait, parce qu’ils me l’ont dit. Et je suis courageux, mais pas inconscient. Si on me dit que la plaque peut se casser, je ne monte pas sur une moto à 300 km/h. »

4 kilos perdus

Marc Marquez jure de vouloir tirer les leçons du passé. Son retour en MotoGP ne sera pas précipité, pour deux raisons. La première est qu’il ne veut pas revivre le cauchemar des derniers mois. « Tant que l’os ne sera pas totalement consolidé, je ne me vois pas monter sur une moto parce que les sensations ne sont pas bonnes. (…) Pour moi c’est très clair, je ne reviendrai pas tant que je ne serai pas à 100 % », disait-il avant cette troisième opération.

La deuxième est qu’il veut être compétitif d’entrée de jeu. Et ne se demande pas si son niveau sera différent ou pas. « Ça ne m’a jamais inquiété, le fait de revenir et ne pas être le même. C’est pour ça que j’attends d’être à 100 % et que ça guérisse bien. Quand je reviendrai je veux être et je vais être à mon meilleur niveau, ne pas penser ‘aïe, le bras, je ne peux pas’. Je dois être prêt pour être à 100 % à mon retour, mon corps doit être prêt à assumer les risques, parce que c’est dans mon ADN et c’est ce qui m’a permis d’obtenir ce que j’ai obtenu. Et commettre les erreurs commises », admet-il.

Pas monté sur une moto depuis le samedi 25 juillet, Marc Marquez en était à plus de quatre mois d’abstinence au moment de cet entretien. Et savait que d’autres allaient venir derrière. « L’attente se fait longue, avoue-t-il. Ne pas s’entraîner, ni ne rien faire… Je suis dans un moment où je ne fais pratiquement rien. Je pèse 61 kg, normalement j’en fait 65, j’ai tout perdu musculairement… Mais bon, il reste encore des mois avant le début de la saison. »

Après cette troisième opération, la participation de Marc Marquez aux essais hivernaux de Sepang, du 19 au 21 février, est hautement improbable. En revanche, il n’est pas dit qu’il ne soit pas au départ du Grand Prix du Qatar, le 28 mars prochain.

Presque quatre mois auront passé depuis son intervention chirurgicale. Un patient « normal » ne serait pas en mesure de disputer une course MotoGP. Mais Marc Marquez a subi une greffe vascularisée, a été opéré avec « une technique très raffinée » et reçoit des soins de haute qualité, explique le traumatologue Angel Villamor, « donc nous devons être plus optimistes ». Il est trop tôt pour évaluer correctement la situation, précise-t-il, mais il ne faut ni se laisser dévorer par l’espoir, ni s’avouer vaincu.

Blessure, soins, retour : le cas Marquez expliqué par le Dr. Villamor

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